La Communication Non Violente (CNV) est une méthode de communication élaborée par Marshall B. Rosenberg. Son but était de comprendre ce qui suscite la violence entre les gens et trouver  une alternative pacifique pour résoudre les conflits. La CNV vise aussi à améliorer la qualité des relations humaines en favorisant l’empathie et la compréhension mutuelle.

La CNV se fait en 4 étapes, voyons en détail chacune d’entre elles.

Etape 1 de la communication non violente: Observation

Décrire les faits de manière objective, sans jugement ni évaluation. Attention à ne pas confondre avec évaluation. Ici, il s’agit de dire ce qu’on voit objectivement (par exemple : ce qui peut être vu comme de la paresse , peut aussi être vu comme de la fatigue ou de la détente). Il est déconseiller d’utiliser « souvent », « jamais », « toujours » = généralisation, peut provoquer chez l’autre une réaction de défense. (par exemple : tu écris toujours super mal → je n’arrive pas à lire ton écriture)

Exemple : « Quand je vois que tu es sur ton portable alors que je te parle… »

Etape 2 de la communication non violente: Sentiments

Exprimer ses émotions en lien avec l’observation. Il est conseiller de commencer par la phrase « je me sens » (on parle vraiment de nos émotions, nos sentiments) plutôt que « je suis ».

Exemple : « …je me sens frustrée, agacée »

La communication non violente

Etape 3 de la communication non violente: Besoins

Identifier les besoins sous-jacents à ces sentiments. Souvent, on va critiquer l’autre, ça se transforme en reproche et c’est ce qui va générer du conflit. Les critiques faites aux autres sont l’expression de nos besoins insatisfaits. De plus, quand on critique l’autre, il va plutôt riposter au lieu d’écouter notre besoin.

Par exemple : « Tu ne me comprends jamais ! » → « J’ai besoin d’être compris/écouté »

Exemple : « ..parce que j’ai besoin de me sentir écoutée, comprise »

Etape 4 de la communicatio non violente: Demandes

Formuler une demande concrète et réalisable. Il est conseiller d’exprimer ce qu’on veut, et non ce qu’on ne veut pas. Pour être le plus précis possible, il faut demander une action concrète.

Par exemple un père à son thérapeute: « J’aimerais que mon fils de 14 ans soit plus responsable »

Thérapeute : demander de préciser « responsable » (pas assez concret).

Père : « J’attends qu’il fasse ce que je lui demande »

Thérapeute : demande de préciser en terme d’action, ce que cela signifie.

Père : « Je veux que mon fils m’obéisse, nous avons des règles à la maison que nous suivons tous, c’est à son tour de débarrasser la table et vider le lave-vaisselle »

Ici, on se rend compte que ce n’est pas de la responsabilité, mais de l’obéissance. Pour ce père, s’il veut communiquer grâce à la CNV avec son fils il devra dire : « Je vois que tu n’as pas rangé ta chambre (observation), je me sens contrarié (sentiments) car j’ai besoin que tu obéisses aux règles de la maison pour le bien de tous (besoins), peux-tu vider le lave-vaisselle et débarrasser la table ? (demande) ».

➢ Exemple : « pourrais-tu poser ton portable s’il te plaît ? »

En résumé

1) Je vois que…(j’énonce un fait de manière neutre, sans interprétation)

2) Je me sens…(triste, en colère, déçu, content, fatigué, blessé, mal à l’aise, etc.),

3) …Parce que j’ai besoin de…(connexion, empathie, écoute, amour, partage,

attention, dialogue, espace, calme, compréhension, honnêteté, etc.)

4) Je fais une demande claire et concrète (énoncer des actions)

Et si je suis trop en colère et que bon…la CNV ça va 2 minutes je sens que je vais exploser ?

Se rappeler que l’autre n’est pas responsable de nos sentiments, l’autre a juste été un facteur déclencheur d’un besoin insatisfait et non la cause. C’est de notre pensée que la colère prend sa source.

Exemple : quelqu’un arrive en retard à un rdv.

→ Si mon besoin est d’être rassurée sur le fait que je peux compter sur cette personne, je vais me sentir frustrée, blessée.

→ Si mon besoin est d’avoir un moment de calme et de solitude avant le rdv, je vais me sentir reconnaissante du retard de l’autre, car ce moment va me permettre de souffler un peu et d’avoir un temps calme et seule.

Notre interprétation de la situation, nos sentiments, dépendantes donc de notre besoin. Donc si ça arrive, le « je suis en colère parce qu’ils… » dites plutôt « je suis en colère car j’ai besoin de… ».

Livre ressource : « Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs) » de Marshall B. Rosenberg